47 grammes de sucre en moins de cinq minutes. C’est le défi, pas franchement alléchant, que réserve le test O’Sullivan à des milliers de femmes enceintes chaque année. Derrière ce rituel du parcours maternité se cache un enjeu sanitaire de taille : le repérage du diabète gestationnel. Cette affection, qui s’invite parfois sans crier gare même chez les femmes qui n’ont jamais entendu parler de diabète dans leur famille, réclame une vigilance accrue. Le repérage s’effectue le plus souvent entre la 24e et la 28e semaine de grossesse.
Le déroulement n’a rien de complexe mais ne tolère aucun écart. La future mère avale une solution sucrée au laboratoire, puis attend patiemment une heure avant la prise de sang fatidique, celle qui révélera la capacité de son organisme à gérer ce pic soudain de glucose. Si la glycémie s’affole, des examens plus poussés s’imposent et le suivi médical se fait plus rapproché.
Pourquoi et quand passer par le test O’Sullivan ?
Identifier le diabète gestationnel à temps, c’est éviter de laisser s’installer un risque pour la santé du bébé comme pour la mère. La fenêtre de tir idéale pour cette vérification se situe entre la 24e et la 28e semaine de grossesse, période durant laquelle l’organisme maternel se montre le plus susceptible de révéler une intolérance au glucose.
Les situations à surveiller de près
Certaines femmes présentent un terrain plus propice au développement du diabète gestationnel. Voici les profils à surveiller :
- Antécédents familiaux de diabète de type 2
- Indice de masse corporelle élevé ou surpoids
- Âge supérieur à 35 ans
- Diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse
- Tension artérielle élevée
Ce que le bébé risque en cas de diabète gestationnel
En l’absence de dépistage, le bébé peut présenter un poids bien supérieur à la moyenne à la naissance, naître prématurément ou souffrir de difficultés respiratoires. Repérer tôt la glycémie élevée, c’est pouvoir agir pour limiter ces complications.
Pourquoi le test O’Sullivan reste pertinent
Même si certains laboratoires privilégient aujourd’hui le test HGPO (Hyperglycémie Provoquée par Voie Orale), l’O’Sullivan conserve un rôle de premier filtre. Lorsqu’un résultat dépasse le seuil, le test HGPO prend le relais pour trancher le diagnostic et organiser la surveillance qui s’impose.
Son intérêt ? Offrir une première photographie de la gestion du sucre par l’organisme maternel, étape incontournable pour sécuriser la fin de grossesse.
Déroulement du test O’Sullivan, étape par étape
L’examen, rodé et rapide, consiste à évaluer la réaction du corps face à une dose précise de glucose. Voici comment se déroule concrètement la procédure :
- Première prise de sang : Arrivée à jeun au laboratoire, la future mère subit un premier prélèvement pour fixer la glycémie de référence.
- Ingestion de glucose : On lui remet ensuite une boisson concentrée à 50 grammes de glucose, à avaler en moins de cinq minutes. Expérience peu agréable, mais sans danger.
- Deuxième prise de sang : Une heure pile après, nouveau prélèvement pour mesurer la réaction du pancréas à ce choc sucré.
Comprendre les résultats
Ce dépistage vise à repérer une élévation anormale de la glycémie. Un taux supérieur à 1,30 g/L oriente vers un test HGPO, beaucoup plus complet. Le Dr Ohayon rappelle que ce second examen impose plusieurs prises de sang échelonnées sur trois heures pour affiner l’analyse.
Bien se préparer, éviter les faux pas
Pour que les résultats reflètent la réalité, quelques précautions sont à respecter :
- Ne rien manger ni boire depuis au moins 8 heures.
- Éviter tout effort physique intense avant le rendez-vous.
- Signaler à son médecin tout traitement en cours pouvant fausser la glycémie.
Si le test HGPO tend à se généraliser, l’O’Sullivan garde toute sa valeur pour un premier repérage du diabète gestationnel.
Lecture des résultats et suite du parcours
La mesure du sucre dans le sang, réalisée après le test O’Sullivan, permet d’identifier rapidement une anomalie. Si le taux dépasse 1,30 g/L, le test HGPO s’impose pour confirmer ou non la présence du diabète gestationnel. Le Pr Jacques Lansac insiste : ce protocole, plus pointu, requiert plusieurs prélèvements espacés sur trois heures.
Le test HGPO, mode d’emploi
Le HGPO consiste à boire une solution contenant 100 grammes de glucose, suivie de prises de sang à jeun, puis à une, deux et trois heures. Le Dr Natalia Leston précise que ce déroulement permet d’observer précisément la façon dont l’organisme maternel assimile le sucre sur la durée.
Et si le diagnostic est confirmé ?
Un diabète gestationnel avéré appelle à réagir vite. Plusieurs leviers sont alors proposés :
- Régime alimentaire adapté : Réduire les sucres rapides et privilégier des repas équilibrés devient la règle.
- Activité physique régulière : Même une marche quotidienne aide à stabiliser la glycémie.
- Traitement par insuline : Si les mesures précédentes ne suffisent pas, un relais par insuline peut s’avérer nécessaire.
Surveillance du fœtus, étape par étape
Le développement du bébé fait l’objet d’un suivi rapproché, notamment par échographies répétées. Selon le Dr Ohayon, ces examens permettent de repérer toute prise de poids excessive chez le fœtus, conséquence directe d’une glycémie maternelle non maîtrisée.
Le diabète gestationnel, même s’il ne dure souvent que le temps de la grossesse, impose un encadrement strict pour limiter les risques. Mettre toutes les chances du côté de la mère et de l’enfant, c’est aussi savoir composer avec ces examens, souvent redoutés, mais qui peuvent tout changer sur la ligne d’arrivée.


